Publié le 25-05-2020 par Anne Nicole

Bulletin de veille N°2

Synthèse de la chaîne veille du Slack Designers Éthiques – mars 2020

Vous avez dit « éthique »?

« Le design n’a pas de morale. le designer oui. »

Elena Tosi Brandi, enseignante à l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle-Les Ateliers, a mené une recherche doctorale en design et philosophie. Dans cet article synthétique, elle rappelle que le design n’existe pas par lui-même, et qu’on ne peut donc lui attribuer une valeur morale intrinsèque. Le design n’est pas un produit, mais une action humaine, et ne peut donc que véhiculer les valeurs des designers.

« Le design n’est ni une réussite ni un crime. Il est le reflets des pensées et des pratiques de ces hommes et femmes pris dans leur contexte historique, économique, esthétique et social. »

Pour approfondir la réflexion, Élise Rigot, enseignante à l’Université de Toulouse, met en ligne son excellent cours de Licence « Design et éthique? »:

source: http://eliserigot.com

Low-tech: questions de sémantique

« En ce sens la “low-tech” essaye de donner sa place à des savoirs techniques, modernes ou non, dans un monde limité mais aussi à révéler, une fois de plus, les conditions matérielles de production des systèmes qui nous entourent. » – G. Roussilhe

Marien Fressinaud ouvre le débat dans son billet de blog La low-tech existe-t-elle dans le numérique?.

L’opposition low-tech vs. high-tech est également questionnée par Gauthier Roussilhe dans Une erreur de tech, étude exhaustive qui, en les inscrivant dans leurs contextes philosophique, anthropologique, historique et économique, précise les concepts de techniques et de technologies, que l’on aurait tort de confondre dans une définition trop hâtive de ce que l’on entend par low-tech. M. Fressinaud pointe l’inexactitude du terme low-tech, qui semble réduire le concept à une tentative d’optimisation de consommation énergétique des sites web, rejoint par G. Roussilhe pour qui cette notion ne prend son sens que dans le cadre d’une démarche systémique.

Exemple du réseau d’acteurs impliqués dans la fabrication d’un écran de smartphone par Gauthier Roussilhe

Comment Google privatise l’espace public grâce à ses algorithmes de cartographie

source: medium.com

 Vous faites partie du milliard d’utilisateurs de Google Maps? Alors ne manquez pas cet article de l’agence Vraiment Vraiment qui décortique les enjeux cachés des algorithmes utilisés par le géant du digital.

« Le pouvoir de faire payer aux collectivités la connaissance de leur propre ville. »

Privacy by design: boîte à outils

Une petite pépite: l’application Mine.

Le principe est simple, vous autorisez l’app à analyser votre activité en ligne, et elle vous retourne votre empreinte digitale par thématique et pour chaque société chez qui vous avez des données. Vous pouvez ensuite effacer vos données personnelles en 1 clic là où vous le désirez. C’est simplissime, user-friendly, et pour l’instant en phase de test, donc gratuit, mais ça ne saurait durer. Cerise sur le gâteau, le blog de la compagnie est truffé d’articles de qualité.

source: saymine.com

Pour rire… mais pas seulement: les campagnes satiriques de La Grande Laverie

« La Grande Laverie est une démarche parodique et satirique qui se moque de la stratégie du “washing” et de la récupération, sous toutes leurs formes. »

Les anti-campagnes de pub sont créées sous forme d’ateliers participatifs, avis aux amateurs.

En vrac…

À la lumière de la crise sanitaire, les références pour penser autrement, réfléchir et engager  collectivement des leviers d’action se multiplient. Dans ce sens, notre prochain bulletin sera consacré au design systémique. Voici en attendant de quoi amorcer quelques pistes de réflexion:

  • Le Webinar Design with Care de la Chaire de Philosophie à l’Hôpital.
  • La conférence de 2015 de Don Norman pour le Systemic Design Research Network, plus que jamais d’actualité:

Bonnes lectures!